Geneviève François de Jouvenel est Docteur en Psychologie Clinique et psychothérapeute depuis 1977. Enseignante en Arts Plastiques avant de devenir psychothérapeute, elle est la fondatrice de l’Institut de Bioanalyse et de l’Ecole Férenczienne. Elle a une grande expérience des différentes pratiques psychanalytiques et elle a été formée aux Etats-Unis aux psychothérapies à médiation corporelle.
La fondation en 1993 de l’Ecole Férenczienne a permis de mettre en avant l’hypnose qui avait été pratiquée au début de la psychanalyse freudienne. Le psychothérapeute, agissant par la relaxation et par la non-directivité, abaisse la censure, ce qui permet de remonter dans la toute petite enfance. Dans l’auto-hypnose, une partie du Moi vit totalement les choses et une autre partie reste consciente, ce qui lui permet d’arrêter la séance quand on veut. Le patient est maître de son chemin.
L’accent mis sur les facteurs émotionnels et corporels, avant le travail avec les représentations, ne fait que reprendre la succession des étapes qui se sont déroulées au cours du développement primaire de l’enfant, car avant toute représentation celui-ci expérimente son univers à travers ses premières sensations de plaisir et de déplaisir ; c’est sur ces expériences archaïques qu’il met en route son imaginaire. Dans la perspective où tout ce qui est vécu laisse une trace, le corps est le premier dépositaire de ces traces, c’est donc par son intermédiaire que l’on aura accès aux souffrances archaïques qui n’ont pas eu d’autre issue pour se dire que celles de la somatisation et de la névrose.
La névrose est un processus d’oubli. Il y a donc un antagonisme entre la souffrance et la mémoire. Elle se manifeste par un clivage entre les pensées et les sentiments qui crée une sorte de dédoublement de la personnalité : une partie de soi, consciente – sait mais ne ressent rien, et une autre partie, inconsciente – souffre mais ne se souvient de rien. La névrose remet en cause l’environnement, c’est celui de l’adulte qui inflige des humiliations qui sapent l’estime de soi-même, ou ces parents qui abusent de la faiblesse constitutionnelle de l’enfant pour installer insidieusement en lui le sentiment de son insuffisance et de sa culpabilité.
Ferenczi définit la Bioanalyse comme une « science analytique de la vie ». Une science de la vie ne peut pas être une science exacte, cependant elle s’appuie sur toutes les autres sciences, telles la biologie, la paléontologie, la zoologie et les neurosciences. Car son objet est de comprendre qui nous sommes, et ce que nous sommes appelés à devenir.
Geneviève François de Jouvenel est l’auteure de nombreux articles et de plusieurs livres :
- L’Autisme en Questions (éd. Buchet Chastel 1997)
- Et si le bonheur dépendait de mot, Les voies de la psychothérapie (éd. Le Courrier du Livre 2003)
- Sandor Ferenczi, un psychanalyste humaniste (éd. Publibook 2010).
- Psychanamour, bulletin trimestriel de l’Ecole Férenczienne
